Jeux belges

L’auberge sanglante : Les forains

C’est le 6 décembre… Vive la Saint-Nicolas : emmenez vos enfants voir les forains !! Mais accueillez chez vous ces bons forains qui ne demandaient qu’un toit pour la nuit, faites leur profiter de vos talents d’aubergiste, préparer vos chambres mais au final éloignez tout de même les enfants. Saint Nicolas ou pas, cette nuit sera la dernière pour les clients malchanceux car voici le retour de l’Auberge Sanglante !



L’Auberge Sanglante
Pour le thème, le jeu de base reprend un fait historique (ou presque, l’histoire retiendra la rumeur plus que les faits) : courant du XIXe siècle, les tenanciers de l’auberge de Peyrebeille tuaient leurs clients pour leur faire les poches. L’établissement fut surnommé l’auberge rouge et toute l’histoire donna le film du même nom avec Fernandel en 1951.
Bien entendu, nous mettons de coté notre morale car le jeu nous invite à en incarner les aubergistes. L’extension ici, vient nous dévoiler de nouveaux clients, forains en tête mais également diverses petites agrémentions venant pimenter la vie à l’auberge.
Précisons que Peyrebeille est bien en Ardèche mais nous devons ce jeu et cette extension au talentueux éditeur belge Pearl Games !

Le bref rappel
N’ayant malheureusement pas chroniqué le jeu de base, je vous fais un petit topo très succinct de celui-ci.
A chaque tour, l’auberge va accueillir les voyageurs qui seront placés par le 1er joueur du tour en cours. Ensuite, à tour de rôle, chaque aubergiste va jouer sa 1ère action puis chacun sa seconde. Les survivants à la nuit s’en vont à la défausse au petit matin mais avant, s’il y en a, les forces de l’ordre vérifieront que vous n’avez pas de cadavres non enterrés et les clients de vos chambrées vous payeront leur nuit. Vous terminez par régler le salaire de vos comparses.
Les tours s’enchaînent jusqu’à la pioche de client soit vide. La défausse est mélangée et les survivants reviennent pour une seconde nuit. La partie se termine dès lors que la pioche est à nouveau vidée.
Pour vos 2 actions par tour, vous avez 5 possibilités :
Corrompre un client : recruter un client de l’auberge comme comparse (dans votre main).
Construire une dépendance : poser l’un de vos comparse (de votre main) afin de profiter de l’effet de la dépendance ainsi que de(s) l’emplacement(s) pour y enterrer des cadavres.
Tuer un client : prendre une des cartes clients de l’auberge et la retourner face « mort » devant vous.
Enterrer un client : placer l’un de vos cadavres (carte face « mort » devant vous) sous l’une des dépendances libres et surtout récupérer l’argent des poches du (prématurément) décédé.
Passer et blanchir de l’argent : c’est l’une des subtilités du jeu, chacun ne peut posséder plus de 40 francs « en monnaie » : passer permet de convertir notre monnaie en chèque et de repartir gagner de l’argent.
Les 4 premières de ses actions vous demandent de jouer vos comparses (au départ, vous avez 2 villageois) pour vous aider à faire vos actions. Un nombre de comparse est demandé selon la valeur de la carte ciblée. Cependant une fois, le travail effectué, vos comparses s’en iront en défausse sauf s’il y a de leur part une affinité pour l’action effectuée et ils retourneront alors dans votre main.

L’extension « Les Forains »
Que contient-elle réellement ? La boite a beau être toute petite, elle ne contient que des cartes après tout (mais ces cartes sont l’essence même du jeu) : l’extension nous offre 3 modules. Le premier est le titre phare de l’extension « Les forains ». Notons déjà qu’on peut y ajouter une option supplémentaire : les événements. En deuxième module, vous retrouverez des notables en lieu et place des nobles. Et en 3ième, vous aurez accès aux trucs et astuces de Tata Ginette.

Le cirque est arrivé au village !!
Ce premier module : les forains s’ajoute aux cartes de base. Il ajoute donc un peu de temps de jeu mais surtout en nouvelles possibilités par leurs effets propres ou communs. Il y aura tout d’abord une nouvelle dépendance : la roulotte qui permet d’accueillir un client supplémentaire tant qu’aucun cadavre ne vient à y être planqué (ça ne passe pas, sans doute à cause de l’odeur) Nain, femme à barbe, jumelles seront plus ou moins difficiles à enterrer. Bâtir la cage de l’ours vous aidera à tuer des clients tandis que construire l’Alcôve de la Fille de joie modifiera totalement vos futures corruptions.
A ce module peut s’ajouter ma seconde préférence de l’extension : les événements. Ceux-ci changeront la dynamique du tour en cours et amènent à des retournements de situation. A l’arrivée des voyageurs, si un premier forain débarque à l’auberge, un événement est dévoilé mais il ne sera appliqué qu’en fin de tour sous condition expresse qu’un forain soit toujours présent et bien vivant. Selon la situation de chacun, l’effet peut s’avérer bénéfique ou néfaste.
Les pickpockets prendront la moitié de la monnaie de tous les joueurs, une diversion empêchera les forces de l’ordre d’enquêter et la cirrhose emportera un paysan resté trop longtemps au bistrot.

Les nouveaux riches débarquent…
Le deuxième module introduira les Notables. Ces 14 cartes remplaceront les 14 nobles du jeu de base. J’avoue que c’est le module qui m’a le moins séduit (il faut toujours un dernier) mais peut-être parce qu’ils correspondent moins à ce que j’aime jouer. Les notables nous permettent de bâtir de nouvelles dépendances : beaucoup à effet immédiat et situationnelles. Le « fût de chêne » fait gagner de l’argent par voyageur dans une chambre neutre tandis que la magnanerie (oui, cela existe) aura le gain similaire pour vos chambres. D’autre effet unique sont de même bien sympathique, notamment le Banquier qui récupère l’excédent au 40 francs maximum.


Tata Ginette est revenue !
Rappelez-vous, Tata Ginette, c’est la vieille tante acariâtre qui gère les chambres neutres et qui ne veut pas que vous possédiez trop de monnaie. Et dans le 3ième module, elle nous veut du bien : elle nous file un peu d’argent de poche supplémentaire au début mais pour mieux moyenner ses Trucs et Astuces ! En début de partie, les joueurs effectueront un draft (sélection d’une carte parmi 4, puis chacun passe les cartes restantes au voisin et resélection, ainsi de suite jusqu’à avoir 3 cartes)
Et vraiment ces objets (ou petites astuces) sont cools, c’est tout bonnement mon module préféré. Planquer rapidement un cadavre sous un tas de neige ou dans le puit parce qu’un adversaire a écrit une lettre de dénonciation aux autorités, c’est jouissif (mais toujours immoral, c’est sûr). Ajoutons encore que nible et confessionnal ne sont pas plus catholiques qu’un subtil poison ou un très agressif piège à loups.


Mon avis
J’aime beaucoup le jeu à la base, Pearl Games fait toujours travailler mes neurones juste comme il faut. L’Auberge Sanglante est juste parfois très punitif sur une erreur mais j’adore. Et cette extension amène un fun supplémentaire : moins de certitudes et donc plus de méfiance ainsi que des situations totalement nouvelles avec des choix plus que compliqués.
Le jeu de Nicolas Robert est toujours illustré par Weberson Santiago. Pearl Game aime avoir une touche graphique particulière et une fois encore, j’aime le parti pris pour ses illustrations. Ils correspondent exactement au thème et à l’ambiance du jeu.
Donc si vous n’avez pas encore le jeu de base, essayez-le une fois. Si vous n’avez pas encore l’extension, ne trainez pas, les forains n’attendent pas.

Bonne nuitée à tous et toutes!

  Xavier


Fiche technique :
Auteur : Nicolas Robert
Illustrations : Weberson Santiago
Graphisme : Luis Francisco
Editeur : Pearl Games
Distributeur : Asmodee
Age : 14+
Joueurs : 2 à 4
Durée : 45’-60’

Commentaires

4 janvier 2018 à 9 h 24 min

très bon article , merci bonne continuation



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