Coups de Cœur

Soupçons

Un nouveau jeu de la famille Brand est de sortie. Un jeu à rôle caché, familiale et rapide. Mais faites bien attention, parce que votre rôle caché sera déterminé par une des cartes que vous avez en main.
Un mélange de bluff, de stratégie, de logique qui relance le concept du Valet qui pue ?

Le concept de Soupçons

Autour de la table, de 4 à 6 joueurs. Chacun a dans les main 2 cartes (sauf le premier qui en a 3). Au milieu de la table, le double de cartes « jour/nuit » que de joueurs d’abord mis sur la face « nuit » et qu’on retournera après sur la face « jour ».
Chaque joueur a également une carte « porte » devant lui qui, si elle est ouverte, signifie qu’il est ouvert à recevoir une offre.

Soupçons

Le but des joueurs varie selon qu’ils aient, ou non, une carte « serpent » en main. Si vous n’avez pas de carte « serpent », votre but est qu’il ne reste que des heures sur les faces « jour » au milieu de la table. Le but des serpents c’est qu’on ai plus qu’une carte, et qu’elle soit sur la face « nuit ».

Un tour de jeu

Au tour de jeu, le joueur qui a 3 cartes en main va en proposer une à un autre joueur autour de la table qui a devant lui une porte ouverte. Il annonce ce qu’il donne et le joueur peut accepter ou refuser. S’il refuse, le joueur actif doit proposer une autre carte de sa main au même joueur et annoncer à nouveau sa valeur. Si le joueur refuse une 2e fois, il sera obligé d’accepter l’offre de la dernière carte.
Bien sûr, le joueur actif peut mentir.

Quand un joueur accepte une carte, il la regarde et retourne l’heure sur la face « jour » de la carte qu’il a effectivement reçue. Si l’heure est déjà sur la face jour, on défausse la carte. S’il s’agit d’un serpent ou d’un 0 ou d’une heure déjà défaussée, il annonce juste « il ne se passe rien ».
Ensuite il ferme la carte « porte » devant lui. On ne pourra plus lui proposer de carte durant cette manche.

Fin de manche

Quand toutes les portes sont « fermées », la manche se termine. Les joueurs gardent leur cartes en main et on réouvre les portes. On défausse la plus petite carte « heure » sur la face jour.

On joue autant de manches que nécessaire pour accomplir un des objectifs. Donc soit d’avoir toutes les cartes « heure » sur la face « jour » soit n’avoir plus qu’une carte « heure » sur al table et qu’elle soit sur la face « nuit ».

Ma main dans soupçons
Je suis un serpent, mais à tout moment, je peux refiler mon rôle pour fuir mon objectif si je pense qu’il ne sera pas réalisable

Mon avis sur Soupçons

Soupçons propose de partie courtes, mais tendues. Petit à petit, la menace monte, la crainte de changer de camp au mauvais moment. Mais faites bien attention lors de vos explications de bien faire passer les tenant et aboutissants de choix, des mensonges, des fameux « rien ne se passe » sous la peine de passer à coté de toutes ces sensations spéciales ressenties dans ces parties.

C’est sympa de penser que c’est un jeu qui a été créé en famille, par des parents et leurs enfants. Et que ça donne vraiment quelque chose d’inter-familial.

Petite note aussi sympa, très personnelle: en allemand ce jeu s’appelle « Falsche Schlangen » et le dire me fait sourire. La sonorité fait tellement comme un sifflement de serpent, c’est super drôle.

Un début bien timide

Je l’avoue, le début de la première partie est très timide. On ne sait pas encore trop quoi jouer, ni comment, donc on libère des cartes tranquillement pour maintenir son image de « non-serpent ». De toute façon, il faut d’abord passer par une face « jour » avant de défausser la carte.

Puis vient la 2eme manche et là, ça commence à se corser. On commence à se mentir, à forcer l’autre à prendre la carte, à essayer de rentrer dans sa tête. « est-il serpent? » « va-t-il me faire confiance? » « Je garde ma carte serpent ou pas? ». Et le jeu commence à prendre toute sa saveur. On commence vraiment à comprendre les conséquences de nos actes.

Faites tourner

Le rôle de serpent n’est pas fixe. On peut facilement se débarrasser de cette tare si le jeu tourne trop en faveur des non-serpents. Mais comme un virus, la carte serpent tourne et se répand. Cette menace fait qu’on n’a pas trop envie de laisser le camp de la lumière gagner trop vite, parce qu’on risque de devoir rejoindre celui des serpents sur une mauvaise prise de carte.

Quand l’autre joueur nous propose une carte qui est « trop belle pour être vraie » on se méfie. On a des soupçons sur tout le monde car tout le monde peut devenir serpent. Le moindre « rien ne se passe » est source de méfiance. Et pour cela, l’existence du 0 est géniale, car c’est un « rien ne se passe » qui est assez vide de sens, sauf qu’on l’interprète quand même.

soupçons, centre de table
Au centre de la table, l’évolution de la partie. Faces nuits, faces jour

Un jeu bien expérimenté

On sent le jeu qui a quand même bien tourné dans la tête et les playtest des auteurs. Personne ne se sent lésé lors d’une partie car d’office, tout le monde participe. Et tout le monde peut entrer en « confrontation » avec chacun des autres joueurs, car on est libre de proposer nos cartes à n’importe qui autour de la table qui n’a pas encore été activé.
Donc peu importe où on se trouve sur la table, on n’est pas « coincé » avec ses voisins. C’est un vrai jeu d’interactions.

Et même si vous êtes « cramé » aux yeux des autres joueurs, ils doivent passer par vous. Et c’est le moment de bluffer, ou pas. Donner sa carte serpent, ou une carte qui aura comme réponse « rien ne se passe », pour se disculper.

Un bon matériel

Ce n’est qu’un jeu de cartes, dirait-on. Certes, mais les concepteurs ont pris soin de faire des cartes grandes, plaisantes à jouer. Lisibles même à l’autre bout de la table. Les cartes sont grandes et assez solides pour être manipulables avec joie sans pour autant encombrer la boîte de jeu qui reste fort petite et transportable à souhait.

Fiche Technique de Soupçons

Auteurs : Inka Brand, Markus Brand, Emely Brand, Lukas Brand
Edition : Spielwiese
Illustration
: Tina Kraus et Florian Biege
Distribution
: Blackrock
Nombre de joueurs : 4 – 6
Durée : 15 minutes
Âge : 8+

Jeu offert par Blackrock, merci !

Soupçons en Bref

Un jeu court, familial, bien dosé qui nous fait jouer tous ensemble. Tendu et stressant, on se méfie de tout le monde, et c’est très chouette. Le tout qui tient dans une toute petite boite, qu’on emporte partout.

Auteur / autrice

  • Jonathan

    Jeux préférés : Elysium, Seeders – Exodus, Dicium, Euphoria, La Gloire De Rome, Scythe, Colt Express, Smash up
    Autres centres d’intérêt : mangas, littérature générale, impro, animation, découvrir de nouvelles choses tout simplement
    Caractéristiques : A toujours trop peu d’étagères pour ranger ses jeux et ses livres. Toujours prêt à s’engager et à se surbooker, mais il veut tout tester.

    Voir toutes les publications Webmaster / Chroniqueur

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