Coups de Cœur

Comet

Et si la fin du monde était imminente… et que c’était à vous de sauver ce qui peut encore l’être ? C’est le pari ludique proposé par Comet, dans lequel vous incarnez des héros chargés de sauver un maximum d’animaux préhistoriques avant qu’une gigantesque comète ne s’écrase sur Terre.

Curieux de voir comment ce jeu parvient à mêler course contre la montre, opportunisme et dilemmes moraux ? Je vous explique ci dessous les grands principes de Comet avant de vous livrer mon avis.

La boite de Comet et son illustration qui donne le ton des cartes

Les principes de Comet

Dans Comet, chaque joueur incarne un héros dont la mission est de sauver un maximum d’animaux avant l’impact d’une gigantesque comète. Le temps est compté, les choix sont tendus, et chaque décision compte.

Le plateau central représente différents types de terrains (forêts, montagnes, jungles, déserts, etc.). Les animaux sont représentés sur ce plateau par un jeton Sauveteur, mais également par des cartes posées face visible au dessus de votre plateau personnel.

Chaque carte animal indique sa distance à la caverne et les points qu’il rapporte en cas de sauvetage. La plupart possède également un pouvoir spécial que le joueur pourra activer une fois l’animal secouru. Mais aussi ces cartes possèdent également des symboles de terrain. Ces symboles vous permettent de faire avancer vos Sauveteurs en défaussant la carte… que vous ne pourrez donc plus sauver !

Un aperçu des illustrations des nombreuses cartes du jeu

Au début de la partie, chaque joueur reçoit :

  • Un plateau personnel avec sa carte Héros, qui donne un pouvoir asymétrique pour toute la partie ;
  • Trois de jetons Sauveteur qu’il va déplacer sur le plateau ;
  • Une main de cinq cartes Animaux Argent (les cartes de base).

Un tour de jeu

À son tour, un joueur effectue une des actions suivantes :

  • Faire éclore un nouvel animal : le joueur place une carte Animal face visible sur un emplacement de sauvetage libre au dessus de son plateau. Il déplace le pion Sauveteur correspondant sur un nid libre de valeur au moins égale à celle de la carte.
Le plateau du joueur rouge, avec deux animaux en cours de sauvetage (au dessus) et deux animaux déjà sauvés (en dessous)
  • Déplacer un jeton Sauveteur : en défaussant une carte de sa main, le joueur peut déplacer un ou plusieurs Sauveteurs sur le plateau central. Les terrains d’arrivée doivent correspondre aux symboles indiqués sur la carte défaussée. Petite astuce, en se déplaçant on peut ignorer une case de terrain adjacente occupée par un autre jeton (c’est à dire sauter par dessus).

Si le jeton Sauveteur atteint la caverne (située au centre du plateau), l’animal est sauvé. Il est ajouté à la collection du joueur et son pouvoir est immédiatement actif. Certains pouvoirs donnent des avantages lors des éclosions (en rapprochant les nids par exemple) et/ou les déplacements (en ajoutant des déplacements supplémentaires, en permettant d’ignorer certains types de terrains, etc.).

Le jeton Sauveteur rouge est tout proche de l’abri de la Caverne, plus qu’un petit effort pour y arriver !
  • Se reposer : en se reposant, le joueur peut rendre à nouveau disponibles les pouvoirs des cartes qu’il a précédemment utilisés, piocher une carte Animal Or (qui valent plus de points et/ou possèdent des pouvoirs plus puissants que les cartes Argent) et repiocher des cartes Argent pour compléter sa main à 5 cartes.

Fin de partie et décompte des points

La fin de la partie se déclenche dès qu’il ne reste plus de cartes dans la pile Comète. Chaque joueur continue de jouer les cartes de sa main sans plus pouvoir se reposer. Une fois cette ultime série d’actions réalisée, on passe au décompte final.

Chaque joueur additionne alors les points de victoire obtenus selon les critères suivants :

  • Animaux sauvés : Chaque animal secouru rapporte un certain nombre de points indiqué sur sa carte. Plus l’animal était difficile à sauver, plus il rapporte de points.
  • Pouvoir des d’animaux : Certains animaux octroient des bonus si certains combinaison d’animaux ont été sauvées.
  • Carte Héros : la plupart des Héros octroient des points supplémentaires selon une condition qui leur est propre (sauvetage d’un certain type d’animal, etc).

Le joueur ayant accumulé le plus de points est déclaré vainqueur !

Mon verdict

Un petit air de Cartagena ?

On retrouve dans le principe de base de Comet un peu de Cartagena, un jeu désormais devenu un classique. Dans les deux jeux, on doit fait avancer ses pions en défaussant des cartes pour leurs symboles. Et on essaie de profiter un maximum du placement des autres pions pour faire de grands bonds.

Mais Comet enrichit nettement ce principe en y ajoutant les pouvoirs des cartes Animaux. Grâce à ces pouvoirs, la course devient également une construction de moteur. Le jeu est alors transformé ! Désormais, il faudra à chaque action décider du sort de la carte jouée. Est-ce que je tente de la sauver, de manière à gagner ses points de victoire et/ou bénéficier de son pouvoir ? Ou est-ce que je la sacrifie pour accélérer le sauvetage des autres Animaux déjà en jeu ? J’aime beaucoup les cartes à usages multiples pour ce dilemme permanent qu’elles apportent dans un jeu. Et dans Comet cet aspect est au coeur même du jeu !

De l’interaction !

J’aime également le côté hautement interactif du jeu. Puisqu’on peut ignorer les autres jetons lors des déplacements, il faut surveiller leur placement en permanence. On tente de profiter des opportunités laissées par les déplacements adverses, tout en essayent de ne pas en ouvrir soi-même pour les autres ! Le jeu prend d’ailleurs toute sa dimension à quatre joueurs pour moi. A deux joueurs il est un peu plus solitaire et calculatoire. Le plateau étant moins rempli les opportunités de profiter des jetons adverses sont moins fréquentes. Il faut alors plus compter sur son propre moteur pour accélérer ses déplacements. Comet reste malgré tout très agréable à jouer dans cette configuration.

Des parties rapides et variées

Quel que soit le nombre de joueurs, la durée des parties reste sous la barre des 60 minutes chez nous. Ce qui est idéal pour un jeu de ce calibre, plutôt initié selon moi. Ca permet de le sortir d’autant plus facilement que la mise en place est rapide.

Avec la grande variété des cartes et des pouvoirs associés, ainsi que celles des Héros, la rejouabilité est au rendez-vous. Selon les parties, on est tantôt poussé à sauver un maximum d’Animaux « faciles », tantôt à privilégier spécifiquement un certain type d’Animaux. On choisira un Animal à sauver pour les points qu’il rapporte. Ou pour le pouvoir intéressant qu’il procure. Ou on le sacrifiera pour sauver ceux déjà en jeu !

Le matériel

L’édition est plutôt soignée. Les jetons Sauveteurs sont en bois épais et sérigraphiés pour les distinguer facilement sur le plateau. Et les illustrations des cartes Animaux sont très réussies, pleines de petits détails. La boite contient en outre deux boites de rangement pour séparer les cartes Animaux Argent et Or. Ce qui facilite d’autant la mise en place du jeu.

Comet contient deux boites de rangement pour les cartes bien pratiques, qui peuvent largement accepter les cartes sleevées

Le mot de la fin

Comet est un jeu de course et de construction de moteur joliment édité. Malgré son aspect graphique et thématique mignon, il devrait plaire à un public plutôt initié qui apprécie l’interactivité. Nous en tous cas on aime beaucoup jouer les sauveteurs à la maison !

Fiche technique

Conception: Peter Prinz
Illustration: Hendrik Noack
Édition: Atalia pour la localisation française
Distribution: Atalia
Joueurs: 2-4
Age: 12+
Durée: 45-75 minutes

Auteur / autrice

  • Jeux préférés : les jeux de gestion (Scythe, Terraforming Mars, Brass Birmingham, Res Arcana, Barrage, Great Western, Ark Nova, …), les jeux solo (Apex Theropod Deckbuilding, Nemo’s War, 7th Continent, …)
    Autres centres d’intérêt : sciences, chats
    Caractéristique : adore l’optimisation aux p’tits oignons, et oublie toujours le petit grain de sable qui va tout mettre par terre
    Citation favorite : « On ne s’arrête pas de jouer parce qu’on devient vieux; on devient vieux parce qu’on s’arrête de jouer. » George Bernard Shaw
    Instagram : @serialbgamer

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