Coups de Cœur

Underwater Cities

Voilà bien longtemps que je n’avais plus écrit quelque chose sur le blog, il aura fallu attendre l’arrivée d’un coup de cœur, et pas un petit… non, je ne parle pas ici d’une petite amourette de vacances… non, non, je parle bien d’un vrai coup de cœur, un de ceux qui perdurent dans le temps et qui vous font dire que oui, là, on tient l’une des perles de 2019 et qui rejoint directement le panthéon de mes jeux au même titre que Terraforming Mars et consort.

Underwater Cities est un jeu de Vladimir Suchy (Pulsar, Last Will, etc) qui a spécialement monté sa petite boîte d’édition, Delicious Games, afin de pouvoir sortir ce jeu et je l’en remercie.
Pourtant, à l’instar de Pulsar, il ne partait pas gagnant. Oui, le thème me parlait et la mécanique semblait fort sympathique mais à nouveau, il était desservi par un matériel que je trouvais médiocre et personnellement, c’est une chose importante. Donc voilà, déçu, j’ai fait l’impasse.
Bien des mois plus tard, Underwater Cities gagne le Diamant D’Or ; je change d’avis et je me procure (difficilement) une boîte pour me prendre une belle et puissante claque.
De quoi ça parle
La Terre est surpeuplée et Mars n’est pas toujours pas habitable, il ne reste qu’un seul endroit : le fond des océans. Nous allons donc nous affronter pour construire la meilleure métropole sous-marine. Les fermes et les usines de désalinisation nous fourniront nourriture et eau pendant que les laboratoires nous donneront accès à des moyens pour faire évoluer notre écosystème. A partir d’une simple cité, nous devrons nous étendre afin de créer la métropole la plus efficace possible.
Le jeu
Le jeu est composé de 3 âges, eux-mêmes décomposés en manches (4 pour le premier âge puis 3 et 3). A la fin de chaque âge, nous aurons une phase de production qui nous permettra d’entamer plus sereinement l’âge suivant. A la fin des 3 âges, le joueur possédant le plus de points de victoire gagnera la partie.
Mise en place
Pas grand chose à faire : on place des objectifs visibles pour tous, on détermine un premier joueur, on distribue quelques ressources, on reçoit un plateau personnel, etc.

Ensuite, chaque joueur recevra 6 cartes de l’âge 1 et devra en conserver 3.
Tour de jeu
Le tour de jeu consistera simplement à jouer une carte en combinaison avec l’un des emplacements du plateau de jeu qu’il bloquera à l’aide d’une de ses 3 plaquettes. Il réalisera ses actions puis à la fin de son tour, il piochera une carte pour retrouver sa main de 3 cartes (ou il en défaussera si il en possède plus).
Quand tous les joueurs ont joué leurs 3 plaquettes, c’est la fin de la manche où on détermine le nouvel ordre du tour et où on récupère les plaquettes.
Le twist et la mécanique principale du jeu vient au moment où on joue sa carte. Il y en a de 3 couleurs : vertes, jaunes et rouges que l’on retrouve également sur le plateau. Dès lors, deux cas de figure se présente :
1) La couleur de la carte jouée ne correspond pas à l’action choisie sur le plateau : le joueur défausse simplement sa carte et il réalise l’action choisie du plateau.
2) La couleur de la carte jouée correspond à l’action choisir sur le plateau : BANCO, vous avez le droit de réaliser l’action de la carte ET celle du plateau.
Vous l’aurez compris, pour être efficace, il faudra faire correspondre un maximum les couleurs de ses cartes avec celles du plateau.
Parmi ces cartes, on retrouve les grands classiques :
Cartes Instantanées : ce sont les seules cartes qui seront défaussées immédiatement après avoir résolu l’effet.
Cartes Action : on les pose à côté de notre plateau mais elles ne seront activables que via certaines actions du plateau (celles où il y a un A).
Cartes Production : qui ne serviront que lors de la phase de production.
Cartes à Effets Permanents : on les pose à côté de nous et elles nous permettront de réaliser de belles et puissantes combos.
Cartes Objectifs qui nous permettront de scorer des points de victoire en fin de partie.

En gros, vous l’aurez remarqué, à part les « instantanées », on pose toutes ces cartes…oui, si ça vous rappelle Terraforming Mars, c’est normal.

Parmi les actions du plateau, on trouvera forcément des actions de construction : que ce soit pour une cité, une usine ou un tunnel, il faudra se délaisser des ressources.

A gauche, on pourra construire 2 usines, à droite, on pourra construire une cité

Cela semble compliqué mais le tableau est très lisible une fois expliqué
Mais attention, on ne peut pas construire n’importe où et il faut garder en tête que pour que nos usines produisent en fin d’âge, il faut que celles-ci soient reliées à notre réseau via des tunnels.

Mon plateau en fin de partie
Mon avis
Je ne vais pas m’étendre plus longtemps sur le gameplay du jeu car il y a énormément de paramètres à prendre en compte et finalement peu intéressants à exposer ici dans cette review. On est sur du gros jeu, compter 40 min par joueur et encore, faut qu’ils jouent vite car cela semble simple : « jouer une carte et faire l’action » mais croyez-moi, c’est un jeu frustrant ET très dépendant de la pioche. Il se peut que vous ne possédiez que des cartes jaunes intéressantes en main mais vous avez absolument besoin d’une action de la zone verte, que faites-vous ? allez-vous sacrifier une carte jaune pour faire l’action verte ou bien temporiser ?
Qui plus est, à 4 joueurs, les actions « intéressantes » partent vite, il faut avoir des plans B et C constamment dans votre tête.
Je vous rassure, il est possible de gagner même si vous n’avez pas beaucoup de chance dans le tirage mais vous allez tout de même souffrir pendant quelques heures, une fois ;o)
Le fait d’avoir une main fixe à 3 vous demande de faire des choix constants dans les cartes que vous allez jouer ou jeter. Je n’ai pas encore parlé des cartes objectifs visibles de tous, sachez que pour les acquérir, il vous faudra choisir l’action du plateau pour récupérer la carte puis, vous allez devoir la jouer avec la bonne couleur du plateau et payer son coût pour pouvoir la poser devant vous. Ce n’est donc pas si simple et je le rappelle mais cela vous prendra aussi une place dans votre main. Donc oui, les cartes objectifs rapportent pas mal de points mais vu le nombre d’actions demandées, il faut être sûr que ce soit rentable.

Les différents objectifs disponibles pour cette partie
En termes d’équilibre, c’est plutôt pas mal même si je mettrais un petit point négatif sur les cartes du 3ième âge où vous pouvez tirer une carte objectif qui vous tombe du ciel comme ça MAIS même si elles vous donneront des points supplémentaires, elles sont généralement peu puissantes.
Toujours en parlant d’équilibre, en fin de partie, le scoring est bien pensé car les cités où vous n’aurez placé que des usines différentes vous donneront plus de points. Alors que des cités possédant des usines identiques vous donneront pas mal de bonus lors des phases de production, c’est assez bien pensé.
Jouable de 1 à 4 joueurs, toutes les configurations se valent, même si évidemment, il y aura plus de contrôle sur la version à 2 et 3 joueurs qu’à 4. On notera également la présence de plateau personnel possédant des bonus asymétriques, ce qui n’est pas indispensable mais toujours appréciable.
Pour conclure, Underwater Cities n’a clairement pas volé son Diamant D’or, c’est une petite pépite. Si vous n’aimez pas les jeux style « Cards-driven », passez votre chemin. Si cela ne vous dérange pas, n’attendez pas et courrez l’essayer (il sortira francisé par Atalia, avec des composants de meilleure qualité, aux environs du mois de mai). Et le jeu semble avoir été bien accueilli puisqu’une extension est déjà dans les tubes pour Essen 2019. Quant à moi, il ne me reste qu’une seule chose à dire : Monsieur Suchy, je vous tire mon chapeau.

Bon Jeu

Al

Fiche technique :

Auteur : Vladimir Suchy
Illustrateur : Milan Vavron
Durée : 2 à 3h
Joueurs : 1 à 4
Âge : 12+
Éditeur : Delicious Games
Distribution : Atalia
Prix : 45-50€

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