First Giants
Avouez, on a tous voulu être Alan Grant dans Jurassic Parc. Enfin jusqu’au moment où un Tyrannosaure le prend pour son snack du soir. Et bien First Giants est là pour enfin réaliser ce rêve, avec beaucoup moins de risque. Est-ce qu’il est fait pour votre table de jeu ? Sortez votre pelle et votre pinceau et suivez moi, je vous invite à en découvrir les principes ci dessous, et je vous livrerai ensuite mon ressenti sur le jeu comme d’habitude.

Les principes de First Giants
Dans First Giants, chaque joueur incarne un paléontologue à la recherche des plus beaux fossiles. Votre objectif : constituer les collections les plus prestigieuses et les exposer dans votre musée afin d’accumuler un maximum de points de victoire.
Le cœur du jeu repose sur un principe assez simple : envoyer ses paléontologues sur les différents Sites de fouille pour récupérer des fossiles, profiter de leurs effets dans votre Étude, puis les exposer au moment opportun. Et c’est justement là que réside tout le dilemme de First Giants : seuls les fossiles exposés rapportent des points, mais vous perdez alors tous leurs effets.
Un tour de jeu
À votre tour, vous allez devoir choisir entre deux actions : jouer un pion paléontologue sur un Site de fouille ou récupérer vos pions déjà présents sur les Sites de fouille.
Pour jouer un pion, vous le placez sur un Site de fouille qui ne contient pas déjà l’un de vos paléontologues. Vous récupérez alors l’une des deux cartes Fossile présentes sur le site et l’ajoutez à votre Étude au dessus de votre plateau. Vous appliquez immédiatement son effet et les éventuels effets déclenchés sur les autres cartes de votre Étude, puis vous complétez l’emplacement laissé vacant avec une nouvelle carte de la pioche.

Les effets des fossiles sont variés : certains vous procurent de l’ambre (la monnaie du jeu), d’autres des points de victoire ou permettent d’exposer des fossiles, tandis que certains possèdent des effets récurrents qui se déclenchent chaque fois qu’une condition est remplie. Il faudra donc essayer de constituer une Étude dont les cartes se complètent pour rendre vos actions de plus en plus efficaces.

Envoyer ses paléontologues en fouille ne suffit pas. Il faudra régulièrement les faire revenir au musée. Lorsque vous récupérez vos pions, chacun vous permet de choisir entre gagner un ambre ou exposer un fossile de votre Étude. Vous pouvez donc adapter le bénéfice de chaque pion à vos besoins du moment : récupérer de l’ambre pour préparer une future exposition ou transformer directement un fossile en points de victoire.
Exposer ses fossiles
Exposer un fossile nécessite de dépenser autant d’ambres que sa taille (entre un et trois). Une fois exposée, la carte quitte votre Étude pour votre Musée (sous votre plateau personnel) et perd son effet. En contrepartie, elle rejoint l’une de vos collections et vous permet de commencer à accumuler les précieux jetons Collection.
Il existe deux types de collections. Une collection Famille rassemble des fossiles de la même Famille mais de tailles différentes. Une collection Taille, à l’inverse, rassemble des fossiles de même taille mais appartenant à des Familles différentes.
C’est la deuxième carte ajoutée à une collection qui détermine son type. Une fois la collection spécialisée, impossible de changer de direction. Il faudra donc bien réfléchir au placement de vos premiers fossiles pour éviter de vous retrouver avec une collection difficile à compléter.
Chaque nouvelle carte ajoutée à une collection vous rapporte un jeton Collection valant deux points de victoire. Les collections Famille peuvent contenir jusqu’à trois cartes, contre cinq pour les collections Taille. Compléter une collection permet alors de retourner ses jetons Collection afin d’en augmenter la valeur en fin de partie (trois points de victoire par jeton).

Les Journaux ajoutent une petite course entre les joueurs. Le premier à agrandir une collection d’une Famille ou d’une Taille donnée récupère le Journal correspondant, valant 3 ou cinq points selon le type de collection. Mais attention : un adversaire qui parvient ensuite à constituer une collection du même type contenant davantage de cartes pourra vous voler ce précieux Journal.
First Giants demande donc de jongler en permanence entre plusieurs objectifs : profiter au maximum des effets de son Étude, accumuler suffisamment d’ambre pour exposer ses fossiles et surtout choisir le bon moment pour transformer ses cartes en collections. Exposer trop tôt, c’est perdre des effets intéressants. Attendre trop longtemps, c’est prendre le risque de voir les meilleures collections ou les Journaux vous passer sous le nez.
Fin de partie
La fin de partie est déclenchée lorsqu’un joueur prend le dernier jeton Collection de la réserve ou lorsque la pioche est épuisée après avoir rempli un Site de fouille. Les jetons Collection encore disponibles dans la boîte sont alors ajoutés à la réserve, puis la partie se poursuit jusqu’à ce que tous les joueurs aient effectué le même nombre de tours.
Vient ensuite le décompte final. On additionne :
- les points de victoire gagnés pendant la partie ;
- les points indiqués sur les jetons Journal, qui rapportent 3 ou 5 points ;
- les jetons Collection, qui valent 2 points pour une collection incomplète et 3 points pour une collection complète.
La personne qui totalise le plus de points remporte la partie et devient ainsi le paléontologue ayant constitué la collection la plus prestigieuse. En cas d’égalité, les joueurs concernés se partagent simplement la victoire.
Mon verdict sur First Giants
First Giants, un Elysium à la sauce paléontologique ?
Si vous avez déjà joué à Elysium, édité en 2015 par les mêmes auteurs, difficile de ne pas faire le rapprochement avec First Giants. Dans les deux jeux, on commence par récupérer des cartes et à profiter de leurs pouvoirs dans une première zone (le Domaine dans Elysium, l’Étude dans First Giants) avant de devoir les en faire sortir pour les transformer en points. Et c’est justement là que réside le cœur du système : une fois passées dans l’Elysium ou exposées au musée, les cartes perdent leurs pouvoirs. Mais au delà de ce principe de base, First Giants se distingue sur de nombreux points de son grand frère.
La principale différence tient finalement à la manière de récupérer les cartes. Exit les Colonnes et les Quêtes d’Elysium : dans First Giants, ce sont des paléontologues que l’on place sur des Sites de fouille pour choisir ses fossiles. Il faut ensuite les récupérer, et c’est cette récupération qui permet soit de gagner de l’ambre, soit d’exposer un fossile.
L’autre grosse évolution concerne le rythme des expositions. Dans Elysium, le passage des cartes vers l’Elysium intervient lors d’une phase dédiée, avec un nombre de cartes limité par la Quête. Dans First Giants, l’exposition est directement liée à la récupération des pions : on choisit donc beaucoup plus librement quand abandonner les pouvoirs de ses fossiles pour commencer ou agrandir une collection.
Enfin, First Giants simplifie nettement la partie scoring. Les Collections reprennent le principe des Légendes d’Elysium, mais les multiples couches de score de ce dernier — Quêtes, Chronos, Prestige, Citoyens… — disparaissent au profit des Journaux, des jetons de Collection et des points gagnés pendant la partie. Même la fin de partie devient variable, puisqu’elle dépend de l’épuisement des jetons ou de la pioche plutôt que des cinq Âges d’Elysium.
En résumé, First Giants conserve donc l’ADN d’Elysium, mais remplace sa structure très cadrée par un jeu davantage axé sur la pose de pions, la gestion du timing et la course aux collections. Une adaptation qui semble surtout chercher à rendre le système plus direct… et plus facile à digérer pour des joueurs plus occasionnels ! Un beau travail d’accessibilité donc.
First Giants, le dépoussiérage
La mécanique simple de prise de cartes et de récupération de ses pions explorateurs rend First Giants très fluide. Il est agréable dans toutes les configurations de 2 à 5 joueurs, ce qui est suffisamment rare pour le signaler. Bien entendu, on a un peu moins de contrôle à cinq joueurs car l’offre évolue plus drastiquement entre les tours. Mais en contrepartie, les cartes « Brontosaure » qui s’activent pour tous les joueurs deviennent d’autant plus intéressantes dans cette configuration.
L’interaction, si elle reste indirecte, est bien présente via la concurrence et la course pour les précieux Journaux. Il faut surveiller attentivement les collections adverses pour prendre l’avantage au bon moment, ou ne pas se le faire voler. Car la victoire se joue souvent dans un mouchoir de poche.
Je l’ai déjà dit, j’aime beaucoup les jeux à bascule. C’est à dire les jeux dans lesquels on doit choisir le bon moment pour basculer de la construction d’un moteur vers la collecte de points de victoire. Ici, cette mécanique ‘est le coeur même de First Giants. Vous serez même amené à faire plusieurs fois cette bascule dans une partie. J’aime beaucoup la tension amenée par ce dilemme. Est-ce que je profite encore un tour du pouvoir de mes cartes dans l’Etude, ou je les score pour prendre de l’avance dans ma collection et rafler ce journal ?
Une édition digne d’être exposée
Côté édition, les Space Cowboys ont encore frappé fort. Les illustrations des cartes sont magnifiques, recto comme verso. Les jetons ambre en verre ajoutent un cachet que des jetons en carton n’auraient pas eu, tant au niveau visuel que du toucher. Et le rangement intégré dans la boite permet de tout organiser clairement, et facilite grandement la mise en place du jeu qui se fait en un instant. Tout cela donne à First Giants une très belle présence sur la table, qui attire l’oeil. Et comme il est facile à expliquer, rapide à jouer et à mettre en place, on le sort d’autant plus facilement.

Le mot de la fin
First Giants n’est donc pas une simple réédition d’Elysium, même s’il en reprend la mécanique de base. C’est un jeu de construction de moteur et de collections fluide, rapide à prendre en main et très agréable à jouer. Accessible sans être simpliste, il saura aussi intéresser les joueurs plus aguerris grâce aux choix qu’il offre. Et pour ne rien gâcher, sa très belle édition ajoute encore au plaisir de sortir les fossiles de leur boîte !
Fiche technique
Conception: Matthew Dunstan, Brett J. Gilbert
Illustration: Maud Chalmel, Jessica Cognard
Édition: Space Cowboys
Joueurs: 2-5
Age: 10+
Durée: 30 minutes

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5 jours
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