Space Lab
L’espace est la nouvelle frontière ! Dans Space Lab, avec d’autres agences spatiales, vous vous lancez dans la construction de stations destinées à héberger les meilleurs spécialistes pour percer les secrets du cosmos. Mais le temps est compté et la concurrence est rude. Il ne tient qu’à vous de remporter cette nouvelle course à l’espace. Space Lab est le nouveau jeu de Corentin Lebrat et Johannes Goupy, les auteurs de Faraway. Je vous en présente brièvement les principes, et je vous livre ensuite comme d’habitude mon avis sur le jeu dans cet article.

Les principes de Space Lab
Dans Space Lab, chaque joueur dirige une station spatiale internationale composée de trois capsules, chacune associée à un objectif scientifique précis. Votre but : recruter les meilleurs experts issus des grandes agences spatiales mondiales afin de remplir ces objectifs et de contribuer aux projets de recherche les plus prestigieux.
La partie se déroule sous la forme d’une succession de tours, durant lesquels les joueurs vont progressivement constituer leur station en y installant des cartes Lab, représentant des membres d’équipage spécialisés (pilotes, chercheurs, médecins ou techniciens, associés à une icône), affiliés à l’une des quatre agences spatiales du jeu (correspondant chacune à une couleur).
Un tour de jeu
À son tour, un joueur choisit une seule action parmi les trois suivantes :
- Révéler trois cartes Lab depuis la pioche et conserver toutes celles d’une même agence/couleur. Les autres alimentent le centre de recrutement au centre de la table.
- Récupérer toutes les cartes d’une agence/couleur présentes dans le centre de recrutement.
- Poser une ou plusieurs cartes Lab depuis sa main dans les emplacements libres de sa station. Il faut payer leur coût éventuel en défaussant d’autres cartes (les cartes défaussées n’alimentent pas le centre de recrutement).
Cette dernière action est d’ailleurs obligatoire dès qu’un joueur commence son tour avec cinq cartes ou plus en main.
Chaque carte posée peut déclencher plusieurs effets : un bonus immédiat propre à la carte, un bonus lié à son emplacement autour d’une capsule, ou encore la validation d’un objectif. Pour valider un objectif, il faut entourer une capsule avec trois cartes Lab correspondant aux agences/couleurs indiquées sur la tuile Objectif correspondante. Le joueur récupère alors une tuile Validation, source de points et parfois de bonus immédiats.

Les cartes Projet, obtenues grâce à certains effets, constituent un axe stratégique important. Conservées secrètes, elles offrent des opportunités de scoring conditionnel en fin de partie et orientent subtilement vos choix de recrutement.

À mesure que la station se remplit, les emplacements se raréfient, les choix deviennent plus contraints et chaque pose doit être soigneusement optimisée. Space Lab propose ainsi une montée en tension élégante, portée par des règles simples mais des interactions indirectes constantes via le centre de recrutement.
Fin de partie et décompte
La partie prend fin dès qu’un joueur pose sa dixième carte Lab ou valide son troisième objectif. Les autres joueurs disposent alors d’un dernier tour pour poser des cartes Lab, puis on procède au décompte final.

Chaque joueur additionne les points provenant de :
- ses cartes Lab, dont le scoring dépend souvent de combinaisons d’agences ou de spécialités ;
- ses tuiles Validation, qui rapportent des points fixes ;
- ses cartes Projet, offrant des scores conditionnels parfois très élevés selon les collections constituées.
Le joueur totalisant le plus grand nombre de points remporte la partie. En cas d’égalité, celui qui possède le plus de cartes Projet l’emporte. Si l’égalité persiste, la victoire est partagée.
Mon verdict
Une course plutôt qu’une construction tranquille
Sous ses airs de jeu de collection accessible, Space Lab cache un vrai jeu d’optimisation et de timing, où chaque recrutement compte et où la planification à court et moyen terme fait toute la différence. A la différence de Faraway, autre jeu des mêmes auteurs, la gestion du timing de la partie est ici centrale, et il faut constamment surveiller l’avancement des adversaires. Si on constate qu’un des joueurs rushe les objectifs en jouant des cartes faibles mais peu chères, il faut savoir réorienter son jeu sous peine de se retrouver le bec dans l’eau au déclenchement de la fin de partie ! Plutôt qu’une jeu de construction de tableau, on est ici plutôt dans une vraie course aux objectifs.
Cette tension permanente sur le timing et l’incertitude concernant la durée de la partie font de Space Lab un jeu très dynamique. L’interaction est bien présente. Même si celle-ci est indirecte et porte surtout sur l’influence des joueurs sur le rythme de la partie et sur l’ouverture d’opportunités au travers du centre de recrutement.
Et ça fonctionne dans toutes les configurations ! J’ai autant apprécié mes parties en duel avec Blandine, qu’à trois ou quatre joueurs.
Un belle édition
Le matériel de base est simple (essentiellement des cartes, et les tuiles correspondant aux capsules), mais bien édité. Les illustrations des spécialistes sont soignées et toutes différentes. Et les couleurs des agences sont également rappelées par des symboles différents, ce qui est appréciables pour les daltoniens. Les tuiles capsules sont épaisses et permettent de bien délimiter sa zone de jeu. L’effet métallique des tuiles et de la boite est très joli, et colle bien à la thématique. Une belle réussite de Studio H de ce côté.

Le mot de la fin
Nouveau jeu des auteurs de Faraway, Space Lab possède sa propre identité. Certes on y pose aussi des cartes, mais ici pas question de voyage zen, on est bien dans une course aux objectifs ! Cela donne un jeu rapide et interactif, rythmé par les joueurs eux-mêmes. Gardez un oeil attentif à la station de vos adversaires pour ne pas vous faire surprendre par la fin de partie. C’est un jeu qu’on sort facilement à la maison en tous cas !
Avis de Daniel
J’ai adoré à jouer à Space Lab et Cécile est du même avis (elle est plus exigeante que moi attention !). Ce qu’on a adoré, ce sont les icones claires, la course effrénée pour remplir les conditions de chaque module et espérer avoir les spécialistes qui se combinent très bien entre eux mais qui répondent aussi aux conditions de certains emplacements. Il y a vraiment un dilemme entre placer de grosses cartes rapportant pas mal de points et les plus petits qui sont plus faciles à placer vu qu’elle demande de défausser moins de cartes. Les tours sont hyper fluides et il y a vraiment plein de façon de comboter l’équipage et les missions !
Fiche technique
Conception: Johannes Goupy, Corentin Lebrat
Illustration: Léa Menard
Édition: Studio H
Distribution : Gigamic
Joueurs: 1-4
Age: 10+
Durée: 20-30 minutes

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2 semaines
TaggedAsmodee, rebel studio